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  • Par : Yann Le Doré
  • Dans : ESS
  • Posté le 05-10-2015

Qu'est-ce que l'entrepreneuriat social ?

1.Une tentative de définition

Dans une certaine conception de la finance et du management qui domine jusqu’à la crise de 2008-2009, la rentabilité et le risque constituent l’alpha et l’oméga de toute prise de décision, d’autant plus que l’équipe dirigeante des grandes entreprises est soumise à la pression d’actionnaires qui voient parfois l’entreprise comme une « boîte noire », une machine à produire des flux financiers.

L’entrepreneuriat social effectue un saut qualitatif majeur par rapport à cette conception. Il introduit au cœur de l’entreprise, au sein même de son modèle économique, un ou plusieurs objectif(s) d’amélioration sociale et environnementale du monde qui l’entoure et avec lequel elle interagit. Il fait de ces objectifs la finalité même de l’entreprise. L’entrepreneuriat social se distingue ainsi de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). En effet, cette dernière vise essentiellement à apporter des éléments correctifs à des modèles économiques qui n’ont pas initialement été conçus dans un objectif social ou environnemental.

Il n’en reste pas moins que l’entrepreneuriat social hérite de nombreux traits de l’entrepreneuriat classique :

1. Une volonté d’autonomie économique, c’est-à-dire que le modèle économique assure l’existence de l’entreprise, les aides publiques ou privées sous forme de subventions ou de dons n’étant pas nécessaires à la survie de la structure.

2. Une culture entrepreneuriale qui implique de viser un certain potentiel de croissance et de réplication (scalability, replicability), même si le projet démarre à petite échelle.

3. Des outils de management destinés à mesurer et à améliorer l’efficacité des actions menées.

Au-delà de ces similitudes, ce qui distingue l’entrepreneuriat social est son impact lié à l’activité économique. C’est pourquoi l’étude d’impact, réalisée en interne ou par des tiers, présente dans ce champ une importance toute particulière. Au sein de l’entreprise, elle permet de donner du sens aux actions menées au quotidien et de guider les actions futures. En externe, elle permet de justifier du caractère social de l’entreprise auprès des différentes parties prenantes : financeurs publics et privés, réseaux d’accompagnement, partenaires et soutiens citoyens.

2.Les origines historiques et géographiques

Une présentation de l’entrepreneuriat social ne saurait être complète sans une brève introduction aux différents courants de pensée historiques et géographiques qui tentent de le représenter.

Aux Etats-Unis, le célèbre réseau international des entrepreneurs sociaux Ashoka est fondé au début des années 1980 par Bill Drayton, un ancien manager du cabinet de consulting McKinsey & Co, qui a également dirigé l’Agence de l’Environnement américaine. L’entrepreneuriat social puise également dans une initiative lancée au début des années 1990 par Harvard et de grandes fondations, puis par les universités de Yale et Columbia. L’entrepreneuriat social entretient des liens étroits avec la philanthropie, dont la tradition est très développée dans le monde anglo-saxon, et utilise des outils issus des entreprises classiques. Ainsi, le SROI (Social Return on Investment) est issu de la transposition du concept traditionnel de ROI financier (Return on Investment).

En Europe, la tradition de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) précède l’arrivée de l’entrepreneuriat social et offre une conception davantage fondée sur la gouvernance démocratique et la lucrativité limitée. C’est en Italie, avec la naissance des coopératives sociales, lancées dans les années 1960 et officialisées par un statut spécifique en novembre 1991, que cette tradition démarre avant d’essaimer dans d’autres pays européens. En France, l’entrepreneuriat social s’incarne avec le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux (MOUVES), fondé en 2010. Le MOUVES donne une définition de l’entrepreneuriat social qui inclut les critères de gouvernance participative et de lucrativité limitée, valeurs issues de l’ESS.

L’Asie nous a quant à elle fait parvenir le concept de « social business » qui nous vient du Bengladesh. L’auteur en est Mohammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank et du concept de micro-crédit, Prix Nobel de la Paix en 2006. Le modèle qu’il propose pour éradiquer la pauvreté établit une séparation complète entre les entreprises qui rémunèrent leurs investisseurs et les entreprises de type « social business ». Ces dernières obéissent en effet à 7 principes dont celui du « no loss, no dividend » (pas de pertes, pas de dividendes). Dans cette conception, l’investisseur ne peut retirer aucune plus-value des sommes investies au capital.